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Pornification, Vie de Karin Schubert
Jean-Luc Marret




Elle est belle et la nudité ne la choque pas.
Ses yeux bleus, ses cheveux blonds et ses mensurations de rêve font tourner les têtes.
Née dans les ruines de Hambourg au lendemain de la guerre, Karin Schubert comprend vite que sa plastique lui ouvre les portes d’une autre carrière que celle de secrétaire.
D’abord mannequin, puis actrice, elle gagne en quelques jours de quoi vivre plusieurs mois.
Un court instant, il semble que la gloire soit à portée de main. Elle tourne avec les plus grands acteurs, de Richard Burton à Yves Montand, de Jean-Louis Trintignant à Michel Piccoli. Elle incarne même une inoubliable reine d’Espagne dans La Folie des grandeurs de Gérard Oury. Elle attend pourtant son grand rôle, qui tarde à venir.
Mais on aime sa blondeur, on aime ses seins, on aime ses fesses, et le temps passant elle comprend qu’on n’aime que ça. Comme il faut bien vivre, elle accepte de se cantonner aux rôles dénudés. De plus en plus dénudés. De plus en plus explicites. De l’érotisme chic, elle sombre dans le porno cheap. C’est la pornification.

Pornification est le roman d’une vie en chute libre, un roman réaliste autant qu’imaginaire de cette figure singulière du septième art. C’est surtout le roman d’une époque qui a fait du corps une marchandise comme une autre, une époque aussi libérée que flamboyante qui a consumé plus d’un astre.

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